Résumé du livre : Les récits que Baptiste Gaillard développe de livre en livre décrivent des scènes sans personnages, dans lesquelles seuls des processus anonymes adviennent : germination, pourrissement, mouvement des fluides, expansions, rétractations. On est dans le monde sublunaire d'où est bannie toute idée de permanence. Il n'y a même pas d'histoire, seulement un devenir aveugle dans lequel s'enchaînent en des cycles indéfinis génération et corruption. Les livres de Bapistes Gaillard tiennent la chronique de ces événements naturels, ils en traquent la monotonie.La «blancheur» du titre de ce nouveau texte fait songer à l'aveuglement qui précède l'évanouissement. Les phénomènes étudiés dans ce long poème sont situés à la limite du discernable. Quasi inaudibles, à peine visibles, furtifs, évanescents, ils se succèdent en s'annulant. Une fois de plus, rien ne semble devoir en résulter que leur enchaînement ad libitum. D'où l'ambiance fantomatique qui se dégage d'Ombres blanches sur fond presque blancLe tour de force auquel se livre l'auteur tient à sa capacité à faire exister un univers qui semble uniquement peuplé de présences organiques travaillant à l'aveugle dans l'anonymat de la matière. Son écriture est précise, jusqu'à en être clinique, puis se fait brusquement allusive, comme si le narrateur ne parvenait pas à adopter la bonne distance par rapport à son sujet. Quel sujet d'ailleurs ? C'est bien lui qui semble faire défaut au fur et à mesure qu'avance la lecture. L'écriture aurait alors pour ultime enjeu d'en désigner la vacuité.